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Derkaoui Halima, nom de guerre Rabi'a 3

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Derkaoui Halima, nom de guerre Rabi'a 3 Empty Derkaoui Halima, nom de guerre Rabi'a 3

Message par Aouad Djillali Jeu 9 Sep 2010 - 9:32

Suite (3)

« Dans les maquis de Mascara »

Le groupe dans lequel se trouvait Badi’a a quitté Sidi Youcef pour le douar des Bachra à Tahkmaret, guidé par un djoundi coiffé d’un chapeau de brousse; il y avait, entre autres, Rachida (militante originaire de Saïda) et Medjdoub qui les a rejoints par la suite. En cours de route, ils ont appris, par un agent de renseignements de Touta, qu’ils ont été dénoncés par un indicateur qui était sur les traces de Belghazali. Ce dernier trouve la mort peu de temps après, dans une embuscade tendue à Zlalta avec Houria (originaire de Mascara, famille de Bouri), un médecin, (Si Bekhaled) et un autre djoundi.
Le groupe a échappé de peu à la mort. Changement d’itinéraire en dernière minute décidé par le guide, cap sur Ouled Aouf chez un merkèz nommé Guedima, un ancien soldat de l’armée française qui portait une prothèse au pied, « on ne le connaissait pas, on avait confiance en notre guide ». Ils ont quitté le merkèz le lendemain. Ils ont marché toute la nuit, passant par kachrou, Sidi Kadda Benmokhtar; arrivée le matin à Sidi Ahmed Benali (douar Azara) à mascara, près de Matmor, chez une famille. « Moi, j’avais une foulure au pied ; nous avons survécu de justesse à une bataille dans laquelle Belghazali a perdu la vie »
Ils n’ont pas bougé, Saliha (nom de guerre Zoubida, originaire de Mascara, encore en vie) les rejoint au bout de quelques jours. C’était une fille extraordinairement douée, très expérimentée dans la politisation des civils et surtout des femmes.
Les femmes (combattantes) ont profité de cette situation de répit pour structurer la population féminine sous la direction du commissaire politique qui, lui, s’occupait des hommes. Elles ont récolté beaucoup d’or, dons des femmes dont elles ont gagné la confiance, grâce à l’expérience de Zoubida qui leur a montré comment approcher la population féminine ; il y a avait tout un rituel appris par cœur qu’elles faisaient répéter aux femmes :« au nom du FLN et de la victorieuse ALN, voici le livre de Dieu et de son prophète, on leur fait prêter serment et fidélité au FLN ; elles s’engageaient à servir la cause nationale sans faille jusqu’à la fin par tous les moyens jusqu’au sacrifice de leur personne, de leurs biens, de leurs enfants) ; elles juraient sur Dieu et son prophète de garder le secret jusqu’à leur dernier souffle et de n’avoir aucune rancœur».
Elles les prévenaient contre la SAS qui essayait de séduire la population et surtout les enfants par les vêtements et les bonbons, (« il faut se méfier, il ne faut rien accepter ; on avait les médicats, on soignait les femmes malades, on a baissé la cotisation pour les démunies (on l’a fixée à 100 francs anciens pour cette catégorie de la population »).
Elles ont chargé des femmes civiles de la collecte des fonds en les organisant en groupes et sous-groupes ; la collecte se faisait mensuellement, les femmes responsables devaient la remettre à chaque fin de mois aux djoudiates; « on a récolté des sommes énormes, on a visité presque toutes les familles de Mascara, tout le monde donnait ».
Après une période, elles été affectées à la section de Bouhanifia puis, à celle dépendant de Tighenif qui avait pour chef Kadda Braci, (grade aspirant). En règle générale, « le personnel » militaire devait passer chaque mois dans une section sous la direction d’un commissaire politique. Badi’a en cite quelques uns : Abd El Hafid (encore en vie à Maoussa), Benissad (encore en vie, à Mascara), Si Tayeb d’Ouled Si Safi (décédé), Si Mohamed Fantazi (actuellement, entrepreneur à Sig), un arabisant très cultivé.
Elle parle en détail de son premier accrochage à Mascara à Araïssia en 1957, Mustapha Moulay était chef de section.
« On était dans une maison où il n’y avait qu’une femme (épouse de Habib Belaroussi, le jour de l’accrochage ; elle s’est mise à pleurer, je ne sais pas pourquoi, nous n’étions pas au courant de l’accrochage, on a été informé après coup par La katiba qui a fait l’accrochage ; à ce moment-là, on s’est séparé de la katiba ».
Les embuscades étaient préparées plusieurs jours à l’avance ; tout était calculé, les tissals servaient d’éclaireurs et tout dépendait des renseignements qu’ils communiquaient aux responsables militaires, parfois l’opération était annulée en dernière minute. Le commandant de compagnie allait dans un douar en compagnie de sa katiba, et c’est là qu’il décidait en fonction d’un certain nombre de facteurs. Parfois, quand il jugeait ou sentait que la situation n’était pas favorable, il quittait immédiatement les lieux pour une autre destination plus sécurisée. La décision s’articulait principalement sur les paramètres géographiques (nature du terrain, les différentes possibilités de fuir, de se cacher etc).
La population civile souffrait beaucoup pendant ces opérations : les hommes servaient de sentinelles dans un périmètre assez étendu, les femmes passaient des nuits entières à cuisiner pour restaurer les djounoud, on les ravitailler même dans les lieux de combat.

« Je suis jeune et je peux tout balancer sous la torture »

Le groupe de Badi’a a été affecté dans un douar du côté de Guerdjoum, à Sidi Kadda, qui dépendait du lieutenant Zoubir, le nouveau chef de Région, fils de caîd de Tiaret. Leur mission consistait à structurer un douar. Il y avait avec Zoubir, Ahmed Zerzour, et Rafaa (originaire de Nédroma). Ce dernier était déjà depuis quelques jours sur les lieux avec son groupe, dont Lazerag et Hadou.
« A notre départ de ce douar où nous avons mis en place une organisation, nous sommes tombés dans une embuscade, nous avons fait demi-tour, retour à notre maison, on s’est débarrassé de notre tenue, j’avais un sac au dos et Rachida une musette, on a mis des vêtements civils, le lendemain, vers sept heures du matin, on a entendu des cris, puis, des coups de feu tirés par les soldats de l’officier de Maoussa connu sous le nom de Ould Maria ».
A ce moment, le responsable (Bou El Arab) s’est enfui, avec quelques uns de ses hommes ; il a été abattu sur le coup. Badi’a et Rachida sont restées au milieu des femmes habillées en civiles. Elles savaient qu’elles étaient recherchées et que l’armée était venue pour les capturer (parce qu’elle le avait déjà localisées la veille). « L’armée n’avait pas prévu d’aller plus loin. Mais elle était surprise à la dernière minute par la présence de nos chefs militaires dans un endroit près du nôtre ».
Elle a arrêté aussi Hadou (un des compagnons de Medjdoub qui n’avait pas d’arme sur lui au moment de son arrestation. Badi’a et sa compagne étaient entre les mains de l’officier Ould Maria; elles ont vu Hadou ligoté avec son turban, puis, un soldat abattre d’une rafale à la tête, le propriétaire da la maison où elles étaient hébergées. Il lui avait déchiqueté le crâne ; c’était horrible à voir. C’est à ce moment-là que Zoubir et Ahmed Zerzar se sont mis à tirer et c’est ce qui a poussé les soldats à nous abandonner sous la surveillance d’un jeune soldat aussi paniqué que nous pour aller les poursuivre.
« A ce moment, j’ai décidé de m’évader, j’étais jeune et j’avais peur de tout balancer sous ta torture et j’ai fait part de mon projet à Rachida ; je pensais que c’était facile de s’évader car le soldat ne pouvait pas être très vigilant dans cette situation : le mort par terre, les femmes qui pleuraient autour de lui…. C’était une situation tragique, la tête a explosé, les femmes, les enfants et même les hommes étaient dans le désarroi »
Elles se sont sauvées et le soldat qui les surveillait n’avait pas réagi. Elles sont arrivées pieds nus devant une kheïma toute proche dont le propriétaire avait d’abord hésité à leur donner asile parce qu’il ne savait pas qu’elles étaient de l’ALN et que l’armée française était à leur poursuite, « on l’a mis devant ses responsabilités et à ce moment-là il a accepté de nous cacher chez lui ».
L’accrochage s’est prolongé, les djounoud ont résisté, surtout Raffaa qui avait une arme de marque Thomson.

A suivre……


Aouad Djillali
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