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SAIDA LE 02 Mai 1945 (II)

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SAIDA LE 02 Mai  1945   (II) Empty SAIDA LE 02 Mai 1945 (II)

Message par habibo Dim 28 Juin 2009 - 14:29

SALAM AALEIKOUM


Le 18 mai à Saïda
Dans l’Ouest algérien, on ouvrira un grand procès.Celui des militants de la ville de Saïda qui avaient organisé ou participé à plusieurs actions de sabotage, parce qu’ils n’avaient pas intercepté le contre-ordre rappelant à suspendre toutes les actions destinées à étendre le soulèvement partout dans le pays.
Les premiers événements eurent lieu le 2 mai 1945 dans l’enceinte de l’ancien théâtre de Saïda, où se déroulait le conseil de révision.Raciste par nature, le système colonial soumettait les nouvelles recrues algériennes à certaines règles dont étaient dispensés les français d’Algérie.La discrimination pratiquée par les autorités militaires incita certains jeunes Algériens à refuser de se soumettre à la prescription de la douche.Le mot d’ordre se propagea.
Le prétexte de la douche servira à exprimer de vive voix leur refus d’incorporation et à réclamer la libération des détenus politiques.Le contingent algérien, cantonné d’abord dans la caserne de la légion, hors de la ville, devient bruyant au point d’inquiéter les autorités françaises.Les jeunes appelés furent aussitôt conduits vers les locaux du théâtre, où ils devaient subir les examens médicaux.
Sur le parcours séparant la caserne du théâtre, les 600 jeunes Algériens défilent sur l’air d’un chant patriotique : Min Djibalina.
Aux portes du théâtre, la machine de la répression se déclenche.Cinq jeunes éléments, qui animent la marche des recrues, sont arrêtés.Ils sont ensuite présentés devant le parquet qui les met aux arrêts.Ils comparaîtront devant le tribunal militaire au lendemain du 18 mai 1945 avec plusieurs autres de leurs camarades.Ils faut préciser que trois de ces cinq jeunes militants de la cause nationale tomberont les armes à la main plus tard pendant la guerre de Libération nationale.
Outre l’action menée par le mouvement nationaliste, notamment le PPA, le scoutisme à Saïda était également puissant et le groupe El Hilal drainait un grand nombre de jeunes qui firent leurs premières armes dans cette grande école du patriotisme.
Ultérieurement au 18 mai 1945, plusieurs responsables de la ville de Saïda furent conviés aux travaux d’un comité régional pour arrêter un programme d’actions. Plusieurs actions de sabotage et de fidaï étaient retenus à Saïda.les militants du PPA de la ville avaient pris l’engagement d’être au rendez-vous le 18 mai 1945.
Mais entre-temps, la décision de suspendre toutes les actions fut prise à un haut niveau.Ce contre-ordre ne fut jamais reçu par la ville de Saïda, où des tracts furent déjà rédigés et prêts à l’affichage et à la diffusion.
Quand arriva le 18 mai, les jeunes militants étaient prêts à accomplir les missions arrêtées.La nuit venue, les groupes se dispersèrent à travers plusieurs points de la ville pour exécuter les actes de sabotage.
Il fallait d’abord saboter la ligne téléphonique pour isoler la vile de Saïda et la priver des renforts que les autorités françaises pourraient solliciter. Quatre hommes furent affectés à cette mission. Munis de cisailles, les jeunes militants sectionnèrent les lignes.Au même moment, un autre groupe se trouvait à l’intérieur de la mairie pour y mettre le feuSAIDA LE 02 Mai  1945   (II) 082_0010.
Les trois hommes, qui composaient ce groupe, pénétrèrent sans peine dans le bureau du maire et le mirent en feu.Cette opération visait la destruction de documents. Parmi les autres actions, on cite le dépôt d’une charge d’explosifs au niveau du pont de la voie ferrée, située route de Béchar. Les moyens rudimentaires dont disposait le mouvement n’apportèrent pas les résultats escomptés. L’incendie des dépôts de carburant fut lui aussi maîtrisé assez rapidement par les autorités coloniales.
Le lendemain, la ville de Saïda fut saisie d’une extrême agitation. La police, l’armée française furent mises sur le pied de guerre,car on venait de commettre un affront contre «l’ordre établi».
Les jeunes militants de la localité, grâce à leur audace et leur courage, ont troublé fortement l’esprit de ceux qui ne s’étaient jamais imaginé que le peuple algérien et son avant-garde étaient prêts à tous les sacrifices.
Au lendemain des actions de sabotage, la ville de Saïda est bouclée de toutes parts. La cité est investie par des policiers et des militaires qui, malgré leur brutalité, ne découvrent absolument rien. Ils sont pour ainsi dire «dans le cirage». Cette situation dure plusieurs jours. Et ce n’est qu’à la suite de la découverte d’un coffret que le réseau PPA-MTLD est démantelé.Le coffret contenait des documents compromettants, dont entre autres la liste des sections du mouvement nationaliste. Dans les jours qui suivront, les jeunes militants vont subir la torture dont les séquelles resteront trop longtemps apparentes. Sur une centaine d’arrestations, 47 membres de l’organisation furent traduits devant le tribunal militaire d’Oran. A Saïda, les tortionnaires firent appel aux méthodes les plus viles, les plus abjectes.
Le dossier de l’affaire de Saïda devint volumineux. Les arrestations se poursuivent au-delà même des limites de la région. Les jeunes inculpés de la ville de Saïda furent ensuite transférés à la prison d’Oran après avoir transité par celle de Santa Cruz. Les 47 membres de l’organisation de Saïda se retrouvèrent aux côtés de plusieurs autres détenus écroués au lendemain des événements de Mai 1945.
Les militants de Saïda comparurent le 6 novembre 1945 devant le tribunal militaire d’Oran pour haute trahison et atteinte à la sûreté de l’Etat.
Solidaire avec son avant-garde, la population algérienne, qui gardera cette tradition pendant la guerre de Libération nationale, se massa devant les locaux de la juridiction militaire pour attendre le verdict. Dans son édition du 9 novembre 1945, l’Echo d’Oran, farouche défenseur des intérêts de la colonisation reprend dans son chapo : «Hier, se sont terminés les débats de l’affaire de trahison de Saïda. Après avoir délibéré pendant une heure et demie, le tribunal militaire d’Oran a prononcé le verdict suivant…» que nous résumons comme suit :
«Six militants sont condamnés à mort avec confiscation de biens. Neuf autres, condamnés aux travaux forcés à perpétuité avec dégradation des droits civiques et confiscation de biens. Un autre militant fut condamnés à 10 ans de travaux forcés, 10 d’interdiction de séjour avec dégradation civique et confiscation de biens.
Le 8 novembre 1945 est aussi une journée qui comptabilise les paradoxes et les contradictions, comme celle du 8 mai 1945. En effet, le 8 novembre 1945, le tribunal militaire d’Oran condamna à des peines capitales et de travaux forcés des jeunes militants de la ville de Saïda, tandis qu’à Alger, pendant cette même journée, les officiers français célébraient l’anniversaire du débarquement des alliés du 8 novembre 1942.
Le 8 Mai 1945, voilà une date qui restera gravée dans la mémoire de notre peuple et de son ardente jeunesse et dans l’histoire de notre pays.
C’est donc avec émotion que nous nous remémorons cette date, parce qu’elle nous rappelle les immenses sacrifices consentis par notre peuple et notre vaillante jeunesse qui furent l’objet d’une extermination systématique dans les villes et les dechras martyres de l’est du pays.
Loin d’annihiler la volonté populaire de lutter contre l’injustice, le forfait et la perfidie du colonialisme français vont au contraire amener le peuple algérien et son avant-garde révolutionnaire à mieux réfléchir, à corriger les erreurs pour enfin aboutir à un mouvement organisé et unitaire de libération nationale.
Ce qui s’est passé en mai 1945 — limité dans l’espace, des ordre et des contre-ordres qui dénotent des contradictions au sein du mouvement national — est un événement qui a endeuillé le peuple algérien, mais qui a démontré aussi et surtout que ce peuple était prêt à tous les sacrifices pour le recouvrement de la liberté, de la dignité et de la justice sociale.
Cela ordonnait aux partis nationalistes à ne pas rater le rendez-vous de l’histoire. Aguerrie d’une forte expérience et formée dans la lutte clandestine, une avant-garde se dégage dans le tumulte des événements de la décennie qui suivra et prépare activement la lutte armée.
L’avant-garde passera à l’action le 1er Novembre 1954. Les leaders du FLN s’attacheront en même temps à rallier l’ensemble des éléments des formations politiques nationales et progressistes qui avaient dans leur ensemble franchi un long chemin en semant les grains de la prise de conscience sans avoir toutefois perçu que le moment était venu de provoquer l’étincelle qui fera exploser la colère d’un peuple, nourri à la tradition du soulèvement et de la révolte contre toutes les formes d’injustice
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Message par aissaoui kader Sam 8 Aoû 2009 - 15:54

Bonjour,

Un de ces valeureux combattant vient
de s'éteindre aujourd'hui :
Monsieur Brahim Ahmed condamné à mort puis gracié le
en novembre il faisait parti du groupe qui devait mettre le
feu à la mairie.

Rahmatou Allah Aleih.

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Message par adem lakhdar Ven 4 Sep 2009 - 10:47

Témoignage de Sonia Herrero
Herrero Lucette, née le 24 août 1941, (Ecole village Boudia). Elle habitait à Saïda au 22,rue Maillot.
Le 21 février 1957, sur le boulevard Gambetta à hauteur du café Lopez, elles entendententdu des explosions. quelques secondes plus tard, une auto montait à toute vitesse mitraillant tout sur leur passage; à hauteur de la station d'essence Paya.
une personne européenne gisait par terre, elle avait reçu toute la décharge de la mitraillette;un peu plus deux colons Dans le même attentat furent tués.

Depuis quelques mois les attentats affluaient de toutes parts dans la région dans la ville de Saïda la guerilla s'intensifiait malgré son entourage de fils barbelés, le couvre feu, et la présence de la Légion étrangère . en mais 1957 laville fut investie à plusieurs reprises par les fidayines
Dans le même attentat, deux hommes furent tués.

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Message par braci nacer Jeu 1 Avr 2010 - 20:11

Saïda

Genèse d’une insoumission


Une parole raciste d’un capitaine raciste qui exige, toute honte bue, aux jeunes futurs appelés d’aller se laver, avant de passer la visite médicale prévue au théâtre municipal de la ville. Une parole méprisante de plus et c’est toute la région de Saïda (la porte du Sud-Ouest algérien) qui bascule dans l’insoumission généralisée.



Nous sommes le 2 mai 1945. La proposition d’aller à la douche pour passer par le stéthoscope est perçue comme une humiliation par les 200 jeunes de 20 ans qui avaient été regroupés dans la caserne de la légion étrangère (la Redoute) avant d’emprunter à pied la rue principale qui sépare le lieu de regroupement du lieu de visite médicale sur 500 mètres environ. Hamadouche Athmani, le premier de la liste du conseil de révision, né le 22 janvier 1925, refuse haut et fort cet ordre dégradant : « Nous sommes plus propres que n’importe qui, car nous sommes musulmans et procédons aux ablutions 5 fois par jour. » Le capitaine gifle le jeune futur conscrit, le place à l’écart et c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Le refus de se doucher se propagea à l’ensemble des jeunes présents à la visite médicale. « L’Algérie algérienne » est scandé à l’unisson par des centaines de poitrines sur l’itinéraire du retour. Une voix s’élève pour chanter l’hymne patriotique « Min Djibalina talâa saout el ahrar » (de nos montagnes s’élève la voix des hommes libres). D’autres voix des conscrits de la France non reconnaissante entonnent la chanson révolutionnaire du Parti du peuple algérien, le PPA, un parti nationaliste. C’est la traînée de poudre qui gagne toute la ville. Dans la liesse, la population algérienne des grabas malfamés prend part aux manifestations de la réhabilitation tant attendue par une France oublieuse de ses engagements. Les « pouilleux » lèvent la voix, crient leur refus de ne plus se soumettre aux lois inéquitables qui font que l’Algérien ne redevient citoyen français que quant il y a la guerre contre un ennemi de la France. Les mots d’ordre désarçonnent la quiétude des nantis de la colonisation, une minorité repue de sueur indigène et de certitudes coloniales. Les gros pontes de la présence européenne sont aux abois. Le déclic aura des conséquences incalculables sur la suite du processus de décolonisation. Les militants de l’indépendance du pays regroupés principalement autour du parti nationaliste le PPA-MTLD exploitent la brèche pour exiger la libération de Messali El Hadj, chef charismatique emprisonné dans un anonyme cachot à El Menaâ, dans le Sud algérien. Le centre-ville est immédiatement encerclé par les services de police de cette commune mixte. On fait appel aux renforts, qui viennent notamment de Mascara, siège de la sous-préfecture dont dépend administrativement Saïda. La caserne des légionnaires est mise en alerte maximum. La douche de la honte déclenchera en fait un mouvement contestataire inattendu, c’est le saut qualitatif incontestable dans la réhabilitation de l’Algérie combattante dans ses droits naturels. Les ruraux algériens chassés de la campagne par la misère et le fléau des maladies endémiques, installés de fraîche date à la périphérie, prêtent main forte aux militants du PPA. « Nous étions considérés moins que des mulets appartenant aux colons, car ces animaux de trait avaient droit à l’orge, pas nous. Nous devions nous suffire de bouillie de son et de baroube », dira Mézouir Mohamed, un déraciné de la campagne, auteur- interprète de la célèbre chanson « Saïda beîida oua el machina ghalia » (Saïda est loin et son train trop cher). Du haut de ses 85 ans, il se rappelle très bien du mois qui a changé le visage de la résistance algérienne. Le vieil et humble homme-poète est aujourd’hui gardien du parc de la commune de Maâmora, le premier village socialiste inauguré par Houari Boumediene. Il perçoit 3 000 DA dans le cadre du fameux filet social. « Nous avons notre indépendance et c’est le plus important. En 1945, nous étions moins que des animaux domestiques, les colons nous traitaient de sauvages », dit-il avec beaucoup de retenue. Les meneurs, comme le mentionneront les rapports des services de sécurité français de l’époque, sont arrêtés manu militari, bien sûr. Inculpés d’« incitation de la population à la rébellion », Meshoub Mahieddine, Athmani Hamadouche, Kiour Habib, Medeghri Mohamed et Benacer Mohamed sont conduits à la prison civile. Ils y resteront du 2 au 16 mai, avant d’être transférés à la prison d’Oran à l’issue d’un passage humiliant par le fort de Santa Cruz (Oran). Ils sont adhérents scouts au club El Hilal et membres actifs du Parti du peuple algérien. La presse coloniale, dont « l’Echo de Saïda », classe l’affaire dans la rubrique « Faits divers ». Mais le climat social changera durablement. Les méfiances entre Européens et autochtones s’accentuent. A son tour, le prolétariat urbain constitué autour de la ligne du chemin de fer qui descend jusqu’à Kenadsa (Béchar) et de quelques unités de transformations artisanales fait siens les mots d’ordre du « front du refus » de l’ordre établi. La peuplade, dont les valeureux enfants sont morts pour libérer la France de Jeanne d’Arc et Clemenceau, s’éveille. Le peuple « élu » prend peur. La mystification de l’égalité des devoirs et des droits prend eau de toutes parts.....................!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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SAIDA LE 02 Mai  1945   (II) Empty Re: SAIDA LE 02 Mai 1945 (II)

Message par rimktaz Dim 19 Déc 2010 - 17:08

On m'a dit que TAZI LAHCENE né en 1921 à SAIDA a participé aux évenements de mai 1945 est ce que c'est vrai ???

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Message par rimktaz Dim 19 Déc 2010 - 17:15

habibo a écrit:SALAM AALEIKOUM


Le 18 mai à Saïda
Dans l’Ouest algérien, on ouvrira un grand procès.Celui des militants de la ville de Saïda qui avaient organisé ou participé à plusieurs actions de sabotage, parce qu’ils n’avaient pas intercepté le contre-ordre rappelant à suspendre toutes les actions destinées à étendre le soulèvement partout dans le pays.
Les premiers événements eurent lieu le 2 mai 1945 dans l’enceinte de l’ancien théâtre de Saïda, où se déroulait le conseil de révision.Raciste par nature, le système colonial soumettait les nouvelles recrues algériennes à certaines règles dont étaient dispensés les français d’Algérie.La discrimination pratiquée par les autorités militaires incita certains jeunes Algériens à refuser de se soumettre à la prescription de la douche.Le mot d’ordre se propagea.
Le prétexte de la douche servira à exprimer de vive voix leur refus d’incorporation et à réclamer la libération des détenus politiques.Le contingent algérien, cantonné d’abord dans la caserne de la légion, hors de la ville, devient bruyant au point d’inquiéter les autorités françaises.Les jeunes appelés furent aussitôt conduits vers les locaux du théâtre, où ils devaient subir les examens médicaux.
Sur le parcours séparant la caserne du théâtre, les 600 jeunes Algériens défilent sur l’air d’un chant patriotique : Min Djibalina.
Aux portes du théâtre, la machine de la répression se déclenche.Cinq jeunes éléments, qui animent la marche des recrues, sont arrêtés.Ils sont ensuite présentés devant le parquet qui les met aux arrêts.Ils comparaîtront devant le tribunal militaire au lendemain du 18 mai 1945 avec plusieurs autres de leurs camarades.Ils faut préciser que trois de ces cinq jeunes militants de la cause nationale tomberont les armes à la main plus tard pendant la guerre de Libération nationale.
Outre l’action menée par le mouvement nationaliste, notamment le PPA, le scoutisme à Saïda était également puissant et le groupe El Hilal drainait un grand nombre de jeunes qui firent leurs premières armes dans cette grande école du patriotisme.
Ultérieurement au 18 mai 1945, plusieurs responsables de la ville de Saïda furent conviés aux travaux d’un comité régional pour arrêter un programme d’actions. Plusieurs actions de sabotage et de fidaï étaient retenus à Saïda.les militants du PPA de la ville avaient pris l’engagement d’être au rendez-vous le 18 mai 1945.
Mais entre-temps, la décision de suspendre toutes les actions fut prise à un haut niveau.Ce contre-ordre ne fut jamais reçu par la ville de Saïda, où des tracts furent déjà rédigés et prêts à l’affichage et à la diffusion.
Quand arriva le 18 mai, les jeunes militants étaient prêts à accomplir les missions arrêtées.La nuit venue, les groupes se dispersèrent à travers plusieurs points de la ville pour exécuter les actes de sabotage.
Il fallait d’abord saboter la ligne téléphonique pour isoler la vile de Saïda et la priver des renforts que les autorités françaises pourraient solliciter. Quatre hommes furent affectés à cette mission. Munis de cisailles, les jeunes militants sectionnèrent les lignes.Au même moment, un autre groupe se trouvait à l’intérieur de la mairie pour y mettre le feuSAIDA LE 02 Mai  1945   (II) 082_0010.
Les trois hommes, qui composaient ce groupe, pénétrèrent sans peine dans le bureau du maire et le mirent en feu.Cette opération visait la destruction de documents. Parmi les autres actions, on cite le dépôt d’une charge d’explosifs au niveau du pont de la voie ferrée, située route de Béchar. Les moyens rudimentaires dont disposait le mouvement n’apportèrent pas les résultats escomptés. L’incendie des dépôts de carburant fut lui aussi maîtrisé assez rapidement par les autorités coloniales.
Le lendemain, la ville de Saïda fut saisie d’une extrême agitation. La police, l’armée française furent mises sur le pied de guerre,car on venait de commettre un affront contre «l’ordre établi».
Les jeunes militants de la localité, grâce à leur audace et leur courage, ont troublé fortement l’esprit de ceux qui ne s’étaient jamais imaginé que le peuple algérien et son avant-garde étaient prêts à tous les sacrifices.
Au lendemain des actions de sabotage, la ville de Saïda est bouclée de toutes parts. La cité est investie par des policiers et des militaires qui, malgré leur brutalité, ne découvrent absolument rien. Ils sont pour ainsi dire «dans le cirage». Cette situation dure plusieurs jours. Et ce n’est qu’à la suite de la découverte d’un coffret que le réseau PPA-MTLD est démantelé.Le coffret contenait des documents compromettants, dont entre autres la liste des sections du mouvement nationaliste. Dans les jours qui suivront, les jeunes militants vont subir la torture dont les séquelles resteront trop longtemps apparentes. Sur une centaine d’arrestations, 47 membres de l’organisation furent traduits devant le tribunal militaire d’Oran. A Saïda, les tortionnaires firent appel aux méthodes les plus viles, les plus abjectes.
Le dossier de l’affaire de Saïda devint volumineux. Les arrestations se poursuivent au-delà même des limites de la région. Les jeunes inculpés de la ville de Saïda furent ensuite transférés à la prison d’Oran après avoir transité par celle de Santa Cruz. Les 47 membres de l’organisation de Saïda se retrouvèrent aux côtés de plusieurs autres détenus écroués au lendemain des événements de Mai 1945.
Les militants de Saïda comparurent le 6 novembre 1945 devant le tribunal militaire d’Oran pour haute trahison et atteinte à la sûreté de l’Etat.
Solidaire avec son avant-garde, la population algérienne, qui gardera cette tradition pendant la guerre de Libération nationale, se massa devant les locaux de la juridiction militaire pour attendre le verdict. Dans son édition du 9 novembre 1945, l’Echo d’Oran, farouche défenseur des intérêts de la colonisation reprend dans son chapo : «Hier, se sont terminés les débats de l’affaire de trahison de Saïda. Après avoir délibéré pendant une heure et demie, le tribunal militaire d’Oran a prononcé le verdict suivant…» que nous résumons comme suit :
«Six militants sont condamnés à mort avec confiscation de biens. Neuf autres, condamnés aux travaux forcés à perpétuité avec dégradation des droits civiques et confiscation de biens. Un autre militant fut condamnés à 10 ans de travaux forcés, 10 d’interdiction de séjour avec dégradation civique et confiscation de biens.
Le 8 novembre 1945 est aussi une journée qui comptabilise les paradoxes et les contradictions, comme celle du 8 mai 1945. En effet, le 8 novembre 1945, le tribunal militaire d’Oran condamna à des peines capitales et de travaux forcés des jeunes militants de la ville de Saïda, tandis qu’à Alger, pendant cette même journée, les officiers français célébraient l’anniversaire du débarquement des alliés du 8 novembre 1942.
Le 8 Mai 1945, voilà une date qui restera gravée dans la mémoire de notre peuple et de son ardente jeunesse et dans l’histoire de notre pays.
C’est donc avec émotion que nous nous remémorons cette date, parce qu’elle nous rappelle les immenses sacrifices consentis par notre peuple et notre vaillante jeunesse qui furent l’objet d’une extermination systématique dans les villes et les dechras martyres de l’est du pays.
Loin d’annihiler la volonté populaire de lutter contre l’injustice, le forfait et la perfidie du colonialisme français vont au contraire amener le peuple algérien et son avant-garde révolutionnaire à mieux réfléchir, à corriger les erreurs pour enfin aboutir à un mouvement organisé et unitaire de libération nationale.
Ce qui s’est passé en mai 1945 — limité dans l’espace, des ordre et des contre-ordres qui dénotent des contradictions au sein du mouvement national — est un événement qui a endeuillé le peuple algérien, mais qui a démontré aussi et surtout que ce peuple était prêt à tous les sacrifices pour le recouvrement de la liberté, de la dignité et de la justice sociale.
Cela ordonnait aux partis nationalistes à ne pas rater le rendez-vous de l’histoire. Aguerrie d’une forte expérience et formée dans la lutte clandestine, une avant-garde se dégage dans le tumulte des événements de la décennie qui suivra et prépare activement la lutte armée.
L’avant-garde passera à l’action le 1er Novembre 1954. Les leaders du FLN s’attacheront en même temps à rallier l’ensemble des éléments des formations politiques nationales et progressistes qui avaient dans leur ensemble franchi un long chemin en semant les grains de la prise de conscience sans avoir toutefois perçu que le moment était venu de provoquer l’étincelle qui fera exploser la colère d’un peuple, nourri à la tradition du soulèvement et de la révolte contre toutes les formes d’injustice

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SAIDA LE 02 Mai  1945   (II) Empty Re: SAIDA LE 02 Mai 1945 (II)

Message par Hamiya Mer 22 Déc 2010 - 23:46

Si c'est de Tazi Lahcene, frere de Mimouna et beau frère de Baouche Sadek de village Dalia dont tu fais allusion c'est OUI. (Que Dieu le Miséricordieux les bénissent tous).
Et si c'est le cas, je me permettrai dans ma prochaine lecture de te parler de lui ...
Il fût notre voisin et ami intime de mon défunt père et de toute la famille Boualem et Braci.... à village Dalia lieu de sa naissance.
Peu de gens à Saida le connaisse, car il est parti tout juste après l'indépendance, craignant pour sa vie ... Il avait une dent contre le clan de Oujda qui nous ont fait beaucoup de mal pour pouvoir assurer leur pouvoir et leur pérennité....
Je me permettrai si tu es l'un de ses proches, de m'envoyer une de ces photos ....
Merci.
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Message par rimktaz Ven 24 Déc 2010 - 18:58

Salam Ahlikoum, Si Hamiya il s'agit bien en effet de TAZI LAHCENE parti trés tôt en france, exactement en 1963. Je ne savais pas qu'il y avait encore des gens qui le connait mis à part la famille. Je suis content que vous connaissiez son histoire.

Tazi Lahcène est décédé en 1994 en France, il est inhumé au cimetière de Sidi MAAMAR à SAIDA.

Je serai ravi que vous me parliez de lui.

Merci, Barakalah ou fik.

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Message par Hamiya Sam 25 Déc 2010 - 11:48

Je réitère ma proposition ... Envoie-moi une de ses photos STP... dans le but de compléter un document sur les évènements de mai 45...
Pour l'information, en 2005, notre association a élaboré un calendrier qui contenait toutes les photos des condamnés de mai 45 ainsi que l'ensemble des anciens scouts décédés... seuls 5 photos apparaissaient en blanc dont celle de TAZI LAHCENE fils de Mimouna et soeur de Yamina femme de Baouche Sadek qui habitaient à village Boudia. Pour la photo, j'ai contacté Hamou, Kadri, Mokhtar, Sadek.... mais en vain.
Pour ma part, feu Lahcene depuis son départ en France alors que je n’avais que 9 ans, je l'ai revu pour la dernière fois avec mon défunt père au domicile des Baouche à Sidi Cheikh dans son cercueil... c'était en 1994 ... et une année après mon père décéda...
Tout ce que je retiens de lui : Un BEL HOMME, ELEGANT, toujours bien habillé, la pipe à la bouche et selon ma mère il était fonctionnaire.
Je me rappelle également de son frère Kouider qui est mort en 1961.
Mon père avait beaucoup d’estime pour eux. Ils avaient participé à tous les évènements historiques qu’a connus notre quartier.

La prochaine fois j’essayerai de me renseigner auprès de mon grand frère pour te parler davantage de Lahcene…
Est-ce ton père?

Vives salutations . Mohamed Boualem...
Hamiya
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Message par rimktaz Sam 25 Déc 2010 - 19:52

Salam, Je vais t'envoyer prochainement une photo de mon père TAZI Lahcène. Peux tu m'envoyer la photo que tu possèdes de lui ?
En effet les BAOUCHE sont mes cousins. Mon oncle KOUIDER est décédé en 1961 d'un accident de voiture Lah Ilahmou, mais je ne l'ai jamais connu, je n'étais pas né.

En effet, mon père était fonctionnaire à la gare de Saida. Il aimait les beaux habits et le tabac à fumer avec une pipe.
Il m'avait dit qu'il jouait au football au club de Saida mais je ne sais pas si c'est le MCS ou l'ancien club.
Il pratiquait la natation à la piscine de Saida (j'ai des photos).

On reste en contact Inchallah.



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Message par Hamiya Mer 29 Déc 2010 - 11:22

Je n'ai malheureusement aucune photo de lui ... La preuve les calendriers (2005 et 2009) que nous avions réalisé sur quelques personnalités qui avaient marquées de leur passage la ville de Saida, nous avions laissé sa case portant son nom mais sans photo.
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Message par cheikhsouane Mar 11 Oct 2011 - 15:28

BRAVO HAMYA pour le travail de mamoir que tu réalise c'est cheikh souane qui te féllicite

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Message par hacenabdi Ven 30 Déc 2011 - 15:27

bonjour c est le nouveau merci beaucoup pour ce eclairage d'estoire habibo

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