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Message par mancer ahsene Mer 21 Oct 2015 - 9:38

Histoire incroyable dans"Liberté"(20.10.2015).Mais d'abord:
Aâmi Saïd(S3id) était un non-voyant,j'étais tout enfant quand j'avais commencé à le connaître,à peine cinq ou six ans,c'est à cet âge que mon père,que Dieu ait son âme, commençait à m'emmener avec lui dans la boutique qu'il tenait à "Lamarine",peut-être voulait-il m'initier au commerce au cas où...
Tous les jours,depuis le matin jusqu'au soir,Aâmi S3id était là,assis sur sa"btana"(peau de mouton),à droite de la porte en entrant,jamais à gauche,je n'ai jamais su pourquoi.Il tendait la main en disant "ya l'mhewene hewene".ça résonne encore dans ma tête.Vous pouvez dire que je suis un peu "niya"(d'ailleurs,voyez-vous,Lahcene Niya, Hassan Niya, c'est tout proche).Oui,ça résonne encore et Aâmi S3id est là, devant moi,petit de taille,une robe blanche,un kembouche blanc.
Le soir venu,quand une femme venait le chercher,il remettait sa "btana"à mon père qui lui réservait une place sur une étagère.Avançant vers le comptoir,il plongeait sa main dans une poche,tendait les pièces de monnaie"hak,Si M'hamed,eqfel'houm li". Mon père comptait les pièces de 4 ou 10 douros."Ca te fait mya douros"(parfois c'était "mitine"),Si S3id qui répondait toujours de la même manière " saha Si M'hamed,Allah yej3el k'baraka".
Aâmi S3id mourut vers 1975 et c'est un autre non-voyant,Aâmi H'med,qui était venu prendre sa place.Aâmi H'med était marié et avait eu deux enfants d'un premier mariage,une fille et un garçon.Il était divorcé de la première femme et donc ne faisait pas confiance à ses deux enfants,surtout pas au garçon qui,me dit-il un jour,le volait. Quand en fin de journée il demandait à mon père de lui arrondir ce qu'il a pu gagner, Aâmi H'med passait toujours ses doigts fins autour des pièces pour en reconnaître la valeur et comptait,lui-même,son argent,il ne se trompait jamais.Là,l'inflation aidant,le gain atteignait 400,500,voire 600 dinars.
De nos jours,la mendicité a pris un autre sens,une autre dimension.Elle est devenue un métier.Tous s'y mettent,hommes,femmes,vieux,vieilles,enfants et dans tout ce beau monde,il est difficile sinon impossible de savoir qui est dans le besoin et qui ne l'est pas.Ils peuvent être vêtus misérablement ou avec soin.La demande et la méthode ont changé.Elles vont de 10 dinars à l'inimaginable,du "paye-moi un café" à"aâténi myet elef ou rak rèbeh"(donne-moi 100.000 et tu es gagnant).
"Rak rèbeh".Difficile de résister.N'est-ce pas?
Il y'en a d'autres qui ne veulent pas de ta monnaie,ils empruntent un raccourci et vont directement vers l'objet désiré."Echri li"(achète-moi..).Cela m'est arrivé.Je sortais d'une boutique,une femme,une habituée des lieux,m'aborde pour me demander discrètement "echri li qaraâ zit"(130,00 dinars,ça me faisait beaucoup,ma retraite était encore loin),j'ai fait quelques pas faisant semblant de ne pas l'avoir entendue, elle continua "sadqa 3la l'walidine".Elle m'atteignit dans le mille,"en pleine lucarne".Je retournai sur mes pas,me dirigeai vers la boutique et achetai ce litre d'huile.Cela ne m'a pas appauvri.(à l'instant,me revient  cette chanson de Brassens "l'auvergnat").
J'en arrive à l'histoire.Là aussi,il y a un "mais avant".C'était du temps où Saida était Saida.Les "cheveux aux quatre vents",sans soucis,sans projets personnels mais avec des habitudes(pardon Moustaki),on s'attablait à la belle terrasse,chez"la princière"pour des "coupes noisettes"et des "panachés"à 1,50 dinars,sur la table,des "gauloises sans filtre"à 2 dinars le paquet.Les débats battaient leur plein autour de la "Révolution Agraire",de la "Gestion Socialiste des Entreprises",de la "Médecine Gratuite"(il n'en reste plus rien).Je le revois encore,ce bonhomme,gros,trop lourd,il venait d'el Bayadh.Il n'a jamais changé sa manière de nous aborder avec ce sourire qui ne le quittait pas:"allez la jeunesse en plein-air,mettez la main à la poche".Tout le monde s'exécutait.Il repartait content.
L'histoire:C'est un Monsieur d'une quarantaine d'années du nord de notre riche et beau pays qui se faisait passer pour un Syrien fuyant la guerre et ses misères.Il a appris la langue dans l'accent de ce pays qui me rappelle un prof d'arabe,Mohamed Dib Ezzahr dont je conserve encore,depuis 1969,un mosshaf(livre du Coran de petit format).
Jusque là,rien de tout à fait anormal.Il faisait la manche.Là,une précision.C'est devant une mosquée,car c'est au sortir de la mosquée que les gens sont très généreux.Des éléments de la gendarmerie,ayant flairé quelque chose(ça c'est pour vous dire de toujours vous méfier,il y a des gendarmes et des flics qui ont des scanners dans les orbites,que dire alors de la "Esse-Aime")le passèrent à la fouille.Résultat:3000,00 dinars.Bof.Une misère.La fouille ne s'arrête pas à ce niveau(car avec ces gens-là,on ne vit pas, monsieur,on ne vit pas.Pour me décharger,je dois rappeler que ce n'est pas moi qui le dis,c'est J.Brel).Allez savoir pourquoi.Nos braves gendarmes continuent et découvrent que le Monsieur est universitaire.Et alors?Nous en  avons des centaines,des milliers qui sortent chaque année de nos prestigieuses universités et qui ne trouvent même pas un rien à faire.
Récapitulons:un Monsieur,la quarantaine,il mendie,une mosquée,fouille,3000 dinars, universitaire.Les gendarmes poussent(ils savent pas s'arrêter.Quand ils veulent):notre mendiant est originaire du nord de notre riche et beau pays.Il possédait trois comptes bancaires:700.000.000.Ce n'est pas tout,"pousse avec eux",comme dirait le journaliste Hakim Laâlam,il faut ajouter 15.000 Euros.Au change très officiel du côté de la banque du Square,face au café-bar-restaurant,connu sous le nom de "Tantonville"et que fréquentait Med Lamari,l’interprète de "Che Guevara", de"Djazairia",cette belle chanson "mine nadrat 3eïnik sehriya,3araft ennek Djazaïria", au change donc,notre mendiant est à son premier milliard.Et si une autre conversion venait à vous tenter,cela vous fera quelque 500.000 Euros.Un appartement du côté de Neuilly-sur-Seine où vous aurez de la bonne compagnie.
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